Hello tout le monde
Comme beaucoup dâentre vous, je suis Ă©puisĂ©e en cette fin dâannĂ©e. Quand je parle Ă mes amies, elles me disent toutes la mĂȘme chose : la charge mentale de ce mois de dĂ©cembre les a littĂ©ralement aspirĂ©es. Jâai lâimpression que le soleil ne sâest jamais levĂ© aussi tard quand mon fils part au collĂšge dans la nuit. Aaron est quand mĂȘme allĂ© cette semaine avec son haut de pyjama Ă lâĂ©cole, mais il sâen moque. Sa dĂ©sinvolture sur certains sujets me fait sourire et mâinterroge. Est-ce que jâĂ©tais comme ça Ă son Ăąge ? Certainement pas. JâĂ©tais trĂšs Ă©tourdie, mais jâaurais Ă©tĂ© incapable de sortir en pyjama, je me suis toujours trop prĂ©occupĂ©e du regard des autres.
Bref, je me demande comment je faisais, il y a encore quelques mois, pour partir tambour battant bosser Ă Boulogne tous les matins. 8h30 : dĂ©bout dans le mĂ©tro, j'Ă©grenais les infos Ă la recherche de lâactualitĂ© qui allait nous faire exploser en audience tout en envoyant Ă mon Ă©quipe un joyeux âHello la teamâ. JâĂ©tais dĂ©jĂ Ă©puisĂ©e. Je me souviens, quand jâarrivais Ă l'accueil de lâAtrium de TF1, je levais chaque fois les yeux en lâair, toujours impressionnĂ©e par l'immensitĂ© du bĂątiment, un vague coup dâoeil aux bureaux encore vides (câest lâheure du cafĂ©), et puis une grande inspiration, câĂ©tait parti. Jâendossais alors mon rĂŽle de journaliste, manager, souriante et Ă lâĂ©coute, tout en ajustant mon bouclier invisible, le monde de lâentreprise est cruel.
HELP, je suis toujours crevée
Ăa fait bientĂŽt 3 mois que jâai officiellement quittĂ© mon boulot, jâeffectue quelques missions en freelance pour diffĂ©rents mĂ©dias en attendant de trouver le bon poste. MalgrĂ© un rythme plus calme, force est de constater que je suis toujours aussi crevĂ©e, voire plus, pourquoi ? âTu fais une dĂ©pression ma chĂ©rie, câest pas normal dâĂȘtre tout le temps Ă©puisĂ©eâ, me rĂ©pĂšte ma mĂšre inquiĂšte. Ma mĂšre, que jâaime plus que tout au monde, est par moment un exhausteur dâinquiĂ©tudes. Elle peut, malgrĂ© elle, souffler sur les cendres, en rajouter une fine couche quand ça tangue. Mercredi, par exemple, elle nâa pas pu refouler unâMais tu les terrifiesâ, alors que je grondais mes aĂźnĂ©s. Câest vrai, jâai Ă©tĂ© particuliĂšrement irritable cette semaine. Eitan, le numĂ©ro 4 (il est nĂ© 1 minute plus tard que son frĂšre), enchaĂźne les colĂšres. Jâavais oubliĂ© Ă quel point ce terrible two pouvait ĂȘtre douloureux : on est lĂ impuissant devant lâenfant hurlant, rouge de colĂšre, incapable de verbaliser et il faut rester calme. Comme toujours, cette tension rejaillit sur tout le monde. Ăa Ă©puise, forcĂ©ment.
Une pression sociale Ă ne pas ĂȘtre fatiguĂ©
Une amie dont jâadmire le parcours (et qui se reconnaĂźtra peut-ĂȘtre) mâa dit un jour alors que je me plaignais de ma fatigue rĂ©currente. âArrĂȘte, tu dormiras quand tu seras morteâ. MORTE. Je pense souvent Ă cette phrase, je nâoserai jamais lui dire que le meilleur moment de ma journĂ©e câest quand je me blottis dans mon lit contre mon mari avant de mâendormir. Jâaime tellement dormir, câest antinomique quand on a 4 enfants. Je trouve qu'il y a une injonction Ă ne pas ĂȘtre fatiguĂ© dans la sociĂ©tĂ© qui va de pair avec l'injonction Ă la performance. Mais oui, pourquoi dormir, quelle perte de temps, mieux vaut profiter ! Les petits dormeurs sont valorisĂ©s, Macron dort 3 heures par nuit, l'iconique Alex Levy (Jennifer Aniston Ă la ville), dans The Morning Show est plus pimpĂ©e Ă 4h du matin que moi le soir du RĂ©veillon.
Comment font-elles ? Pas Jennifer Aniston. Mes copines qui sortent trois soirs par semaine, bossent une tonne tout en Ă©levant de beaux enfants. OĂč trouvent-elles lâĂ©nergie ? Quel est leur secret ? Si elles y arrivent, pourquoi pas moi ? Parfois, jâai une pointe dâaigreur dont je ne suis pas fiĂšre, je me dis que ces femmes Ă la vie sociale trĂ©pidante ne sont pas heureuses chez elles. Câest moche comme rĂ©action, hein, mais câest fugace. Vous voyez, moi la perspective dâun dĂźner avec des potes le soir peut me mettre une boule au ventre quand mon rĂ©veil sonne le matin. Câest Ă©trange, surtout que je suis a posteriori gĂ©nĂ©ralement trĂšs heureuse dudit dĂźner.
Aimantée à mon canapé
Mais revenons Ă ma fatigue abyssale. Jâai une thĂ©orie : âmoins on fait, moins on faitâ. Autrement dit, plus je suis occupĂ©e, challengĂ©e, sous-pression, plus je redouble dâĂ©nergie. Jâaime la pression, la bonne pression, celle qui me pousse Ă me dĂ©passer. Quand lâactivitĂ© baisse, lâĂ©nergie s'amenuise, la fatigue sâinfiltre insidieusement. DeuxiĂšme responsable Ă mon sens de cette Ă©pidĂ©mie de fatigue : le combo Netflix- canapĂ©. Je mâexplique. Il est 21h, câest enfin lâheure des parents. Tout le monde a mangĂ©, les jumeaux sont au lit, les grands, dans leur chambre, sont censĂ©s se coucher (mais ils ressortiront encore 25 fois). On se cale dans le canapĂ© pour dĂźner, on discute et on peut enchaĂźner avec une sĂ©rie.
Mieux vaut dĂ©barrasser la table avant de dĂ©marrer la sĂ©rie car une fois quâon a appuyĂ© sur lecture, câest terminĂ©. Il mâest alors simplement impossible de me dĂ©coller de ce foutu canapĂ©, mĂȘme aller chercher un yaourt au frigo me demande un effort colossal. La fin de lâĂ©pisode a sur moi un effet assommant. Je peine ensuite Ă rejoindre mon lit tant je suis fatiguĂ©e. Parfois, câest un secret entre nous, je dĂ©croche mon soutien-gorge et je nâai mĂȘme pas la force de lâenlever, je dors avec, si, si. Jâavoue, je caricature un peu. Comme il est loin le temps ou on sortait Ă minuit en boĂźte de nuit. âLady, hear me tonight 'Cause my feeling is just so right As we dance by the moonlight Can't you see you're my delight ? Je me revois avec ma copine ElĂ©onor descendre en mode conquĂ©rante les marches du VIP Room, la boĂźte Ă la mode dans les annĂ©es 2000. On y retourne ? Je vous Ă©pargne un dernier laĂŻus sur la fatigue psychologique, Ă©motionnelle, psychique qui nous touchent tous et surtout toutes. Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite dâexcellentes fĂȘtes de fin dâannĂ©e. Je vous (nous) souhaite bon courage pour cette premiĂšre semaine probablement full kids.
Lu, vu, entendu chez moi⊠ou ailleurs
Dans le métro, ça papote Secret Santa et cadeaux aux collÚgues Tellement heureuse d'échapper à cette corvée cette année.
On sâen fout, mais il paraĂźt quâon prend en moyenne 1,4 kg pendant les fĂȘtes.
Mon fils est arrivĂ© hier triomphant dans la cuisine brandissant le dentifrice. âVademecum maman, ça veut dire âviens avec moiââ. VoilĂ , câest utile le latin !
62 % des Françaises dĂ©clarent en faire plus que leur conjoint dans lâorganisation des fĂȘtes de NoĂ«l, dont 37 % « beaucoup plus », selon un rĂ©cent sondage Ifop. Et vous ?
Chez mon psy : âLes enfants se construisent dans les failles des parents, il nây a rien de pire que des parents parfaitsâ. Ăa jâaime !
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