Le mot de bienvenue
Hello. Comment allez-vous ? Moi c’est ma première newsletter, j’ai l’impression de démarrer une nouvelle aventure alors je suis en joie. Je m'appelle Candice, J’ai 40 ans tout pile, 4 enfants (dont des jumeaux de 2 ans) et je suis journaliste, rédactrice en chef dans le digital. Je viens de quitter mon boulot sans avoir rien derrière, ce qui m’occasionne pas mal d’insomnies et réactive aussi mon syndrome de l’imposteur.
Balagan, en hébreu ce mot signifie bazar, désordre, je trouve que cela correspond bien à mon quotidien et le côté chantant du mot ajoute une note positive. Cette newsletter, je l’écris pour partager avec vous mes questionnements sur la famille, le couple, le travail et et le beau mélange de tout ça qui crée un joyeux balagan.
Un boulot à temps plein et 4 enfants : l’équation impossible ?
Je commencerai ce premier numéro avec la question que m’a posé il y a quelques mois la directrice générale d’un groupe média alors que je postulais pour un job de rédactrice en chef que je n’ai malheureusement pas eu. Cette femme, avec qui j’ai par ailleurs beaucoup aimé discuter, m’a demandé comment je faisais pour travailler autant avec 4 enfants. Décontenancée j’ai répondu que tout était une question d’organisation. J’ai failli dire, si si j’ai failli le faire, que mon mari m’aidait beaucoup. Non je me suis contentée d’un “Il est à son compte, son emploi du temps est flexible, c’est plus simple”. Puis elle s’est reprise, en me disant que c’était idiot de dire ça puisqu’elle même, malgré ses trois enfants, avait toujours travaillé énormément.
Cette question a retenu mon attention, je me suis demandée si elle se serait permis de la poser à un homme. Sur le moment je n’ai pas eu la bonne répartie alors je me suis dit que c’était le moment de me poser et d’y répondre. Il faut reconnaître qu'avoir un gros boulot et des enfants en bas âge n’est pas une sinécure. Avant d’accoucher je pensais que ce serait impossible, je voyais la perspective de la reprise du travail comme une échéance cauchemardesque. Je cherchais autour de moi des exemples, des femmes dans la même situation mais rien, personne pour me dire “ça va aller, tu vas t’en sortir”. Un soir d’hiver je me souviens avoir envoyé un appel à l’aide à Agnès du compte instagram @quatreenfants, le genre de truc qui ne me serait jamais arrivé avant. La gentillesse de sa réponse m’avait fait un bien fou. On ne parle pas assez du cinquième trimestre, très bien décrit dans cet article des Louves , celui qui correspond à la reprise du travail, à la mise en place d’un nouveau rythme. Comme me le disait la sage-femme Anna Roy, c’est pourtant à ce moment là qu’il y a le pic de dépression chez les jeunes mères. Une étude, publiée par Santé Publique France, en septembre 2023 indiquait d’ailleurs que 16,7% des femmes auraient subi une dépression post-partum deux mois après avoir donné la vie en 2021, soit au moment où elles reprennent le travail, au moment où l'on se sent le plus vulnérable. Laisser un bébé d’à peine 3 mois n’est jamais un plaisir même si on aime passionnément son travail.
La reprise pour moi a été difficile : je n'ai pas retrouvé ma place dans l’entreprise, mais je n’ai pas envie d’en parler ici, un retour de congé mat qui se passe mal c’est tellement banal. Malgré ces difficultés, j’ai réussi à m’organiser au quotidien, je n’ai pas ressenti de culpabilité en laissant mes jumeaux de 7 mois (merci le long congé maternité), j’ai beaucoup travaillé, sûrement trop, mais on on a trouvé notre équilibre tous les 6.
Comment j’ai réussi à tenir ?
Je n’ai pas de recette magique. J’ai beaucoup pleuré, râlé, crié, gaspillé mon énergie pour des broutilles. Grâce à la magie d’Instagram, j’ai aussi envié moult inconnues avec leurs kids en matchy matchy, qui partageaient leur vie de “happy mum” dans leur intérieur vert pistache. Et même des copines qui, pendant que je torchais mes jumeaux, partaient en voyage de presse à l’autre bout de la planète. Mais j’ai tenu le cap, d’abord grâce au télétravail qui m’a permis de profiter plus de mes jumeaux, grâce aux aides du quotidien, la nounou à mi-temps et la sacro-sainte mamie, toujours fidèle au poste malgré ses 77 ans. Sans parler de mon mari qui fait autant si ce n’est plus que moi. Étonnamment, l'expérience de la maternité à 38 ans m’a aussi permis de me délester de toute forme de culpabilité car je savais mes jumeaux choyés par toutes les personnes citées plus haut et aussi par leurs frères. C'est la clé je pense, partir le matin à 8h30, revenir le soir pour 19h sans se dire qu’on est une mauvaise mère. Ai-je réussi à lâcher prise sur certains trucs ? Je dois encore progresser : mais si je suis définitivement plus cool avec numéro 3 et 4, je reste obsessionnelle avec la nourriture saine, les légumes à table, le ménage….
Mais le boulot m’a, par moment, trop envahie
Certains soirs je pouvais rester sur mon ordi pendant des heures car je voulais finir telle ou telle chose, avoir le sentiment du travail terminé lorsque je me couchais. Résultat, trop obnubilée par mes google sheets, je n’arrivais plus à dormir. Il m’a fallu faire un véritable travail sur moi-même pour arrêter d’ouvrir ce fichu Mac tous les soirs une fois tous les enfants couchés. Et devinez quoi, lorsque je l’ai fait, l’entreprise ne s’est pas arrêtée de tourner, personne ne m’en a voulu. Ma mère adore dire que les cimetières sont remplis de gens indispensables. Cela me fait sourire, mais c’est si vrai.
Pour en revenir à la question de cette chère patronne de média. Je dresse un bilan positif de ces 18 mois (entre la reprise et mon départ du boulot). Je suis convaincue qu’on peut beaucoup travailler, avoir une famille nombreuse, et s'épanouir, à condition de ne pas chercher à être la meilleure partout.
Dans mon cas, ma quête de perfection me sert et me dessert à la fois : être moins exigeante avec moi-même, j’y travaille tous les jours. Je sais que beaucoup de femmes sont concernées. Et vous ?
3 (petits) trucs qui m'ont rendue fière cette semaine
Je me suis inscrite au sport : 15 euros par mois car horaire creuse. Ça a du bon d’être chômeuse. Reste à savoir si je vais y aller 💪.
J’ai fait un plein de courses chez Leclerc. Pour moi, dont le frigo est souvent vide, malgré mes 5 colocataires, c’est un pas énorme. Vous ne me verrez plus à 23h au Auchan Place de Clichy.
J’ai fait un big quatre quart qui a duré jusqu’à jeudi. Une vraie mère au foyer. Mais j’ai fusillé mon fils du regard quand il m’a demandé une madeleine Bonne maman.
