Câest la rentrĂ©e. Nous sommes de retour dans le dur, les devoirs qui sâĂ©ternisent, le soleil qui se couche Ă 18h, le froid qui sâabat sans prĂ©ambule, les soupes que personne ne veut boire et les maladies que tout le monde attrape. Non je ne fais pas partie des gens qui aime lâautomne parce que mon automne ne ressemble pas exactement Ă une photo Getty, comprenez, chez nous pas de promenade dans la nature rougeoyante, ni de thĂ© rĂ©confortant sous un plaid dans une cabane rustique pendant que cuit la tarte Ă la citrouille. Nous lâambiance câest plutĂŽt nez qui coule, ciel gris, et baisse de rĂ©gime globale. Un article excellent de lâADN parle dâailleurs de ce mythe de la fille qui aime lâautomne créé de toute piĂšce par Internet.
Ma derniĂšre newsletter a fait rĂ©agir pas mal dâentre vous. Ma mĂšre mâa dit : âcâest un peu osĂ© quand mĂȘme, sâexposer comme ça !â. Ne mâen veut pas maman, mais je prends ça comme un compliment. Moi qui ai toujours dĂ©testĂ© me montrer sur les rĂ©seaux, faire des selfies, mĂȘme organiser mon anniversaire est un supplice, me dĂ©voiler par le biais de lâĂ©criture me fait un bien immense.
âJâai tout oubliĂ©âŠâ
Mon psy mâa demandĂ© mercredi si jâavais passĂ© de bonnes vacances au Portugal, je lui ai aussitĂŽt rĂ©pondu âBien-sĂ»r, on a vu des choses magnifiques, câĂ©tait super de quitter Paris, le marasme ambiant, de se retrouver tous les sixâ. Mais quelques instants plus tard, jâai rĂ©alisĂ© que je lui avais Ă moitiĂ© menti car, en y repensant, ces vacances Ă©taient globalement assez galĂšres. Il a Ă©normĂ©ment plu, AurĂ©lien sâest dĂ©boĂźtĂ© le dos en portant Elon le premier jour, Eitan a fait des crises Ă chaque sortie, Lior et Aaron ont tellement rĂąlĂ© quâon a fini par leur dire quâon ne partirait plus avec eux en vacances. Pourtant dâemblĂ©e, au moment oĂč je vous parle, je pense dâabord aux bonnes choses, la balade le long du Tage, la virĂ©e en tĂ©lĂ©phĂ©rique Ă la dĂ©couverte du Parc des Nations, les pasteis des nata englouties sur le bus touristique jaune (oui on a fait ça) ou encore les petits dĂ©jeuner gargantuesques de lâhĂŽtelâŠ. Et dans quelques mois, jây repenserai sĂ»rement avec un pincement au cĆur, on se dira âComme on Ă©tait bien lĂ bas tu te souviensâ, pourtant je ne suis pas de nature optimiste.
Vous allez me dire tant mieux. Oui cette amnĂ©sie a du bon, elle nous permet de recommencer le lendemain les mĂȘmes galĂšres, voire des pires, avec lâinsouciance des nĂ©ophytes. Parfois mon mari me dit âMais quâest-ce qui nous a pris ? On Ă©taient presque peinards avec les deux grands, quâest-ce qui nous a pris ?â. Moi je te dis, on a OUBLIĂ. OUBLIĂ. Les rĂ©veils toutes les trois heures, les selles dĂ©bordantes, les sorties au parc quand il fait 3°C, les repas qui finissent par terre, le bordel partout tout le temps⊠Je trouve ça assez magique finalement cette facultĂ© quâon a nous parents de ne garder que le meilleur. Peut-ĂȘtre que ce phĂ©nomĂšne ne concerne que moi, mais faites lâexercice aussi, quels souvenirs concrets gardez-vous des premiĂšres annĂ©es de vos enfants ? Je ne parle pas ici d'Ă©vĂ©nements traumatiques qui eux on le sait impriment de façon indĂ©lĂ©bile le cerveau et peuvent ressurgir Ă tout moment.
Des souvenirs déformés ?
Les spĂ©cialistes sâaccordent Ă dire que les souvenirs sont des reconstructions. Des reconstructions parfois Ă©loignĂ©es de la rĂ©alitĂ©, explique le spĂ©cialiste Martial Van der Linden dans cet article du Temps datant de 2013. Notre cerveau fait le tri parmi la quantitĂ© de souvenirs. âNous gardons en mĂ©moire ce qui consolide nos croyances et nos valeursâ (...) Mais cela a un coĂ»t : non seulement nous ne pouvons pas tout garder en mĂ©moire mais, en plus, nous avons tendance Ă dĂ©former nos souvenirs pour quâils se plient Ă nos besoins autobiographiques.â Ăa me fait penser Ă ma mĂšre (encore elle) qui nous serine quâelle a eu des enfants parfaits qui ont marchĂ© avant un an, quittĂ© leurs couches dans la foulĂ©e, et nâĂ©taient jamais malades. Je pense quâelle a un peu enjolivĂ© lâhistoire, je ferais probablement de mĂȘme Ă 77 ans. Je ne sais pas si je dĂ©forme mon passĂ© pour me rassurer mais ce qui est certain, câest que jâai trĂšs envie de garder des traces vĂ©ridiques de toutes ces annĂ©es, jâentends mon ressenti dans lâinstant prĂ©sent Ă telle occasion : cette newsletter, je lâespĂšre, y participe.
EN BREF
DĂšs que je fais quelque chose de sympa pour eux en ce moment, mes ados me disent âtâes gĂȘnante mamanâ. Câest donc ça le passage Ă l'adolescence.
Lu récemment dans un article des Pros de la petite enfance. Attention au bruit dans les crÚches qui épuise les professionnels. Au-dessus de 85db, des protections auditives seraient nécessaires. Je vais mesurer mais je suis certaine que chez moi on explose ce palier. Plus sérieusement, je me demande si les nuisances sonores de ma famille ne vont pas finir par me rendre sourde.
Qui sont les parents qui couchent leur(s) enfant(s) Ă 19h ? Comment font-ils ? Quels sont leurs rĂ©seaux ? Je me suis posĂ©e cette question Ă 20h12 hier alors que le dĂ©but du commencement de la mise en place du dodo nâavait pas commencĂ©. La vĂ©ritĂ© câest que je nâai jamais essayĂ© de peur quâils se rĂ©veillent Ă 6h du matin.
Vos enfants ne veulent pas se couvrir pour sortir ? Ils ont toujours trop chauds et rentrent du collĂšge avec le manteau Ă main ou dans le sac ? Et ça vous exaspĂšre, moi aussi, mais jâai dĂ©cidĂ© de lĂącher lâaffaire. AprĂšs tout, paraĂźtrait-il que les enfants possĂšdent plus de graisse brune qui les rendrait moins frileux. Mais apparemment ça ne marche pas avec la graisse abdominale. Dommage ;)
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